Jour 2:

Lever même heure que le jour précédent. Mais cette fois, je décide de zapper l'étape taxi, pour tenter l'étape métro. Bonne idée! Ca prend pas plus de temps, et au moins on a pas discuter avec un chauffeur qui comprend rien. Pis faut admettre que ça faisait depuis mon arrivée en Chine que je n'avais plus connu la sensation d'être une sardine en boite aux heures de pointes. Cette fois ci j'arrive à 8h30 devant l'entrée du bureau des entrées sorties de Pudong. Mais, il faut avant que je trouve une banque pour payer mon amende. (Je préférais aller d'abord à Pudong, puis trouver une banque que l'inverse, puisque les banques ici comme en France ouvre pas avant 9h).

J'ai suivi les conseils de mon gentil camarade Arnaud, qui me signalait que le banque était loin à pied sur la gauche en sortant. (Je lui en veut pas plus que ça d'avoir poireauté au moins 45 minutes à cause de lui le jour d'avant, parce que je suis gentil, notez le bien). Donc arrivé devant le batiment, je prend sur la gauche, et c'est parti mon kiki!

BANQUE
Après 20 minutes de marche incertaine, je tombe sur une agence CCB (China Construction Bank). Aujourd'hui, j'aurais pas besoin de casser un genou à Arnaud, il a enfin dit quelque chose de cohérent. Mais il est 8h50, et la banque est pas ouverte. Pas grave je patiente en compagnie de charmants chinois. à 9h5 voir même 9h10, les portes s'ouvrent. Je commence à rentrer et prendre un ticket pour faire la queue. De dérrière, un gros lourdaud ben éduqué fonce vers un guichet sans prendre de ticket, suivi par une cohorte de ses compatriotes. J'espère qu'ils vont se faire foutre dehors, eu égard à ceux qui se font chier à prendre un ticket. Et ben non!!! Banque de merde! Premier arrivé, premier servi. Par contre le suivant lui il a intérêt à avoir son ticket, sinon dehors. Mais le premier de la journée a son passe droit. Comme de bien entendu cette cohorte d'imbéciles heureux, ne passent pas à un guichet en 5 minutes, non! Ils leur faut 15 voir 20 minutes pour traiter leur affaire. Il ne me reste plus qu'à m'assoir et attendre...

30 minutes après je me lève pour passer. Egoistement, je vois des gens qui rentrent, et je me dis que moi aussi je vais les faire patienter 15 minutes! Même pas. La guichetière parle pas un mot d'anglais, moi 2 mots de chinois, et j'arrive quand même à traiter mon affaire en moins de 5 minutes. Ou je suis une star, où le niveau moyen du chinois au guichet est vraiment lamentable. D'habitude je me dis que la démocratie, c'est la loi de la majorité, c'est le moins pire. Je comprends maintenant pourquoi en Chine c'est pas possible, la majorité a tort dans 99,9% des cas.(remarquez en France, on en est pas loin non plus...) Quoi qu'il en soit, une étape de fait! Je repars en sens inverse, direction administration des entrées / sorties.

BUREAU DES OVERSTAYS
Le retour, d'un pas plus sur, se fait en 10 minutes. Je remonte au troisième étage. Il y a 5 personnes devant moi! A la chinoise, je double tout le monde pour aller voir le policier des overstay. Il regarde mes papiers, et me dis que je peux aller faire mon extension, une fois que je lui donnerais une copie de la preuve de paiement de l'amende. Je vais faire une photocopie, et je lui amène. Puis je passe prendre un ticket pour faire mon visa. Là une personne excédée par l'attente pars en jurant, et pose son numéro sur la table de la dame qui donne les tickets. Quand je lui demande un ticket, au lieu d'en prendre un neuf, elle me file celui de la personne qui vient de partir. La chance me sourit enfin! A peine 10 minutes après je suis appelé au guichet.

GUICHET DES VISAS - 1
Je dépose en premier les demandes d'extensions de Fabienne et des enfants. Tout va bien le guichetier prends les 3 dossiers et les acceptent. Je sors mon dossier à moi, je tend mes papiers d'overstay, et mon dernier 'residence temporary card'. C'est une déclaration qu'on doit faire auprès de la police à chaque fois qu'on entre sur le territoire. Notre charmant guichetier, prend ce permis de résidence temporaire, et me signale qu'il n'est pas bon, il refuse mon dossier. Je regarde la date d'entrée, et effectivement, la date de dernière entrée sur le territoire est fausse (Comme mon visa a des entrées multiples, toutes les dates d'entrées sorties sont sur la même page, et ya eu une erreur de saisie). Le policier qui a fait ma dernière carte de résidence temporaire a repris le première date, au lieu de la seconde. Comme je suis prévoyant, j'avais amené ma déclaration précédente. Je la tend au guichetier en lui expliquant qu'on voit bien que c'est une erreur, puisqu'on voit bien à quelle date a été effectué l'enregistrement, même si la date d'entrée en Chine est erronée. Mais le guichetier n'en avait strictement rien à faire, et m'a dis de retourner à mon poste de police pour avoir une carte de résidence temporaire en règle. Après 10 minutes de vaines protestations... Je repars avec mon dossier, et ma demande d'extension toujours pas déposée... Le policier me précise que comme j'ai fais mes papiers d'overstay aujourd'hui, je dois déposer ma demande aujourd'hui!!! youhou!!! Je ressort direction le métro.

"BUREAU DE POLICE PRES DE CHEZ MOI"
Avant de passer au bureau de police, je dois passer chez moi récupérer mon contrat de location de l'appartement (j'en ai besoin pour mon permis de résidence temporaire). J'arrive à la maison extenué vers 11h15, je bois un jus d'orange, je dis bonjour à Judy (notre Ayi), un bisou à ma fille, et je pars au bureau de police.
Quand j'arrive, seulement 2 personnes devant moi, ouf, ça devrait pas être long. C'est le cas de le dire, les 2 personnes se sont trompées de service... Même pas le temps de m'assoir que c'est à moi! Je sors mes papiers, et j'explique mon problème à la policère. Elle commence par m'expliquer qu'elle ne peut pas refaire ce que je veux, parce que mon visa est expiré (pou keuyi, pou keuyi). Je me permets d'insister, et elle finit par accepter (ou comprendre, je suis pas persuadé qu'elle avait compris ma première demande, vu son niveau d'anglais, et mon niveau de chinois). En partant elle m'explique de revenir le plus vite possible m'enregistrer avec mon visa tout neuf. Je lui répond avec plaisir, si tant est que j'arrive à l'avoir un jour. Ya pas la police de proximité c'est quand même mieux (message subliminal au trou du cul qui a voulu supprimé la police de proximité dans les quartiers en France, et qui me lira jamais). Mais tout a une fin, et je dois quitter ce commissariat plutot accueuillant pour repartir vers le monstre de Pudong! Re-direction le metro, il est 11h45.

GUICHET DES VISAS - 2
Retour dans ce charmant bureau au troisième étage, avec 25 guichets, une salle d'attente d'aéroport pleine... Je prends mon ticket, et je regarde: 2 guichets ouverts sur 25, faut dire qu'il est 12h30. Et là mon cher gentil camarade Arnaud, toujours prévenant m'envoie un SMS: "T'en es où ?". Je lui répond, et avec beaucoup de tact me renvoie cette réponse: "On pense à toi, on prend une bière à ta santé", suivi d'un "Dommage, elle est 1 degré trop fraiche". Je me suis permis une réponse un peu subtile "Bande de crevards!".
Après plus d'une heure d'attente, c'est enfin à mon tour de m'assoir devant une guichetière. Je lui sors mon dossier, je lui tend (avec mon permis de résidence temporaire correct). Elle m'annonce que mon cas est trop compliqué pour elle, que je dois aller voir le monsieur au bout. Bon, ça c'est fait, je vais voir le monsieur au bout. Il s'agit ni plus ni moins que le responsable des visas de Pudong. Je lui tend mon dossier, il le lit, puis il prend mon passeport. Il voit que ça fait quand même un petit moment que je suis en Chine, et me demande: "Vous faites quoi en Chine ?". Je lui répond : "du tourisme, j'ai un visa de touriste". De là commence un interrogatoire... "Vous vous foutez de ma gueule ? Dites moi la vérité, qu'est ce que vous faites en Chine ?". Je lui explique que me société française a fermé ses portes à Paris, m'a licencié, et que je vis en touriste sur l'argent qu'elle m'a donné à mon départ. Ca l'a pas totalement convaincu. J'enchaine en lui expliquant que la filiale Chinoise de mon ancienne boite a fait savoir qu'elle voulait m'embaucher et que j'étais en train de faire tous les papiers pour obtenir mon permis de travail.
Il m'a séchement répondu que compte tenu de mon dossier il m'accordait une extension de visa de 10 jours (le minimum qu'il pouvait m'accorder, sans me faire raccompagner offciellement à la frontière). Il a tenu à préciser qu'il était inutile de revenir demander une seconde extension de visa à Pudong, il ne me l'accorderait pas. Je lui ai répondu que de toute façon je repartait en France dans 8 jours. Il m'a enfin tendu mon papier, mon dossier est accepté...

"BASSE VENGEANCE"
Ne voulant pas repartir de Pudong sans un accès de colère, ou au moins de basse vengeance, sitot le papier pour mon visa obtenu, j'ai repris dans mon sac le permis de résidence temporaire erroné. Je l'ai bien serré dans ma main en faisant une boulette de papier bien compacte. En repartant je suis passé à hauteur du guichetier qui a refusé mon dossier le matin à cause de ce permis erroné, et pan! En pleine tête! Le temps que le guichetier lève la tête, je suis reparti comme si de rien n'était... Je sais c'est bas comme vengeance, mais je pouvais décemment pas me mettre à faire un scandale en public, sinon mon visa je pouvais l'oublier... Alors j'ai agis de manière subtile, mais efficace, c'est bien là la plus grande forme de rebellion tolérée en Chine.

Maintenant il ne reste plus qu'à attendre jeudi prochain pour aller chercher mes 4 belles extensions de visa (dont celle d'à peine 10 jours pour moi). Sachant que le vendredi soir, je m'envole pour la France.